IL VOUS EN PARLE : Rencontre avec le Pr. Vincent Tiffreau

« L’effet de la traction est intéressant : les patients se sentent plus légers, soutenus, soulagés. C’est une sensation assez étonnante. »

Dans une interview accordée à Japet, le Professeur Vincent TIFFREAU, Chef de Service de Médecine Physique et de Réadaptation du CHRU de Lille, revient sur ses premières impressions sur l’utilisation d’Atlas.

Comment prenez-vous en charge les lombalgies chroniques au sein du CHRU de Lille ?

Depuis qu’il a été démontré que la rééducation active améliore considérablement l’état des patients, nous avons mis en place un programme de rééducation. Ces stages, se déroulent sur une période de 4 à 6 semaines, où cinq jours par semaine, les patients soulèvent des poids, montent des escaliers, portent, se baissent, travaillent sur des machines, font de l’activité physique… tout est axé sur le mouvement pour améliorer leurs capacités à réaliser des activités quotidiennes ou professionnelles.

Comment gérez-vous actuellement la douleur des patients ?

Les patients suivent tous le même programme, mais pour les patients qui sont très chroniques, très douloureux, certains exercices sont personnalisés ou moins intensifs. Il ne faut pas oublier que la lombalgie et les douleurs associés sont des problèmes multidimensionnels il y a effectivement des facteurs physiques, mais la dimension psychosociale est très ancrée. Il est aussi important de travailler sur les peurs et croyances du patient pour dissiper la kinésiophobie.

Comment décririez-vous l’exosquelette Atlas, quels sont ces avantages ?

Atlas est une orthèse de tronc dynamique. La première spécificité est d’appliquer des forces qui diminuent les pressions discales pour soulager les douleurs lombaires. La deuxième est de suivre les mouvements du patient pour permettre la mobilisation du tronc. En jouant sur les résistances, on favorise le renforcement musculaire. La dimension unique d’Atlas, c’est que, contrairement à l’existant, le dispositif est embarqué, que l’on peut se promener avec, faire ces exercices en toute autonomie. J’aime beaucoup le concept de l’appareil que je porte et qui en même temps va m’être utile pour faire de la rééducation.

Quelle est la valeur ajoutée du serious game Dunamis ?

Dunamis rend la rééducation ludique et plus intensive. Plutôt que de faire des séries de mouvements de façon répétitive, le patient devient le personnage du jeu qui doit réussir une mission. On touche directement au circuit de la récompense : quand on joue, on a envie de gagner, de marquer plus de points. Le jeu (ndlr : Dunamis) suscite un élan de motivation chez les patients, ils s’engagent davantage pour essayer de dépasser leurs scores d’une séance à l’autre et intensifient inconsciemment les efforts fournis pendant les exercices.

Comment Atlas est-il perçu par les patients ?

Une patiente qui a utilisé Atlas nous a dit qu’elle avait la sensation qu’on soulevait la partie supérieure de son corps. L’effet de la traction est intéressant : les patients se sentent plus légers, soutenus, soulagés ; c’est une sensation assez étonnante, sécurisante.

Pourriez-vous nous parler de l’étude clinique en cours au CHRU de Lille sur le dispositif Atlas ?

L’étude clinique qui se déroule actuellement a pour but de répondre à la question suivante : le port du dispositif Atlas soulage-il la douleur lors des activités chez des patients atteints de lombalgie chroniques ?  Nous avons mis en place un protocole durant lequel, pendant la première semaine d’un programme de quatre semaines de rééducation, les patients suivent le programme de rééducation classique associé au port du dispositif Atlas 1h par jour. Un bilan fait ensuite état de la douleur ressenti avec et sans le dispositif.