Chez Pierre Martinet, la préparation de commandes occupe une place essentielle dans l’organisation logistique. Chaque jour, les produits traiteurs frais doivent être acheminés vers les points de vente dans les délais, avec rigueur, précision et régularité.
Cette expérience illustre un enjeu central de prévention des TMS en préparation de commandes : protéger les salariés sur un poste où la répétition des gestes sollicite fortement le dos.
Derrière cette activité, il y a des préparateurs de commandes qui manipulent, scannent, déplacent et palettisent des colis tout au long de la journée.
Dans l’agroalimentaire, ce métier s’exerce dans un environnement particulier. Le froid, la cadence, les déplacements répétés et le port de charges sollicitent fortement le corps. Pour les équipes santé-sécurité de Pierre Martinet, l’enjeu était clair : mieux comprendre les contraintes du poste afin d’améliorer les conditions de travail et de prévenir les troubles musculo-squelettiques.
C’est dans cette démarche qu’une étude de poste approfondie a été menée sur le site de Saint-Quentin-Fallavier (38).
Préparateur de commandes : un métier physique au cœur de l’expédition
Guillaume Garcia, préparateur de commandes, partage son ressenti au nom d’une équipe confrontée chaque jour aux mêmes contraintes de terrain.
Son activité consiste à préparer les commandes destinées aux clients et à assurer leur expédition dans les meilleures conditions. Comme l’ensemble des préparateurs de commandes du site, il évolue dans un environnement où les manutentions répétées et le rythme de travail sollicitent fortement le corps.
Le geste peut sembler simple lorsqu’il est observé une seule fois. Mais la réalité du poste se comprend dans la répétition.
À certains moments de la journée, le rythme peut atteindre environ 400 colis par heure. Les cartons pèsent en moyenne 2 kg. Pris isolément, ce poids reste modéré. Répété des centaines de fois, il finit par solliciter fortement le dos, les bras et les épaules.
Pour Guillaume, c’est cette accumulation qui rend le métier exigeant.
« C’est un travail physique qui implique de soulever des charges à longueur de journée. Soulever ces charges toute la journée finit par fatiguer le dos et les bras. »
Le préparateur de commandes doit donc tenir dans la durée, tout en conservant précision et attention dans ses gestes.
De plus, le froid est présent dans les zones de production et de préparation. Les allées sont fréquentées par de nombreux opérateurs. Les déplacements sont constants. Les flux de circulation doivent rester fluides.
Ces contraintes peuvent provoquer de la fatigue musculaire et favoriser l’apparition de douleurs lombaires. Même lorsque les bonnes postures sont connues et appliquées, le corps reste fortement sollicité.
Guillaume le résume simplement.
« Même en adoptant les bonnes postures et les gestes appropriés, les douleurs liées à la fatigue musculaire se font ressentir après un certain temps. »
C’est précisément ce type de situation que les démarches de prévention des TMS cherchent à mieux comprendre.
Prévention des TMS : une étude de poste pour comprendre les contraintes du terrain
Chez Pierre Martinet, l’intégration de l’exosquelette n’est pas partie d’une décision isolée.
Elle s’inscrit dans une démarche de sécurité construite autour du travail réel.
Une étude approfondie a été menée sur le poste de préparateur de commandes au sein du département des expéditions. Les opérateurs ont été observés, filmés et interrogés sur leur activité.
L’objectif était de comprendre précisément les contraintes du poste, au plus près du terrain.
Avec l’appui d’un ergonome et d’un groupe de travail, les équipes ont identifié les sollicitations lombaires comme l’un des principaux points de pénibilité.
Cette étape a été déterminante.
Avant de chercher une solution, il fallait d’abord comprendre ce qui rendait le poste difficile : la répétition des gestes, le rythme, les manutentions, les postures et les contraintes propres à l’environnement agroalimentaire.
Choisir une solution adaptée aux contraintes de l’entrepôt
À la suite de cette étude, Pierre Martinet a recherché une solution capable de soutenir les préparateurs dans leur activité sans perturber l’organisation du travail, les EPI, les flux, la cadence ou les gestes.
Plusieurs fournisseurs d’exosquelettes lombaires ont été contactés. Des essais ont ensuite été réalisés en conditions réelles.
Le choix s’est porté sur le Japet.W+, l’exosquelette lombaire motorisé conçu et fabriqué par Japet Medical à Lille.
Pour les équipes, le ressenti des opérateurs a été décisif. Le dispositif a été choisi, car il était celui que les préparateurs de commandes préféraient utiliser.
Pour Sébastien Malfant, adjoint directeur sécurité chez Pierre Martinet, cette adhésion était essentielle.
« Nous avons privilégié la satisfaction des préparateurs de commandes pour maximiser l’adhésion au dispositif. »
Dans un entrepôt agroalimentaire, un équipement doit s’intégrer à un environnement exigeant. Il doit être compatible avec la tenue de travail en zone froide, rester compact dans les allées, ne pas gêner les déplacements, le picking ou l’utilisation du chariot.
Le Japet.W+ répondait à ces contraintes. Il peut être porté avec la veste de travail, accompagne les mouvements du dos et reste suffisamment discret pour ne pas modifier les habitudes du préparateur.
Une intégration progressive, portée par l’utilisateur
Pour Guillaume, l’intégration s’est faite progressivement.
Au début, il portait l’exosquelette une à deux heures par jour. Puis il a augmenté la durée d’utilisation, le temps que son corps s’habitue au dispositif.
Cette phase d’adaptation a compté dans l’appropriation, et faisait partie du protocole d'intégration de Japet.
L’exosquelette devait devenir un outil du quotidien, pas une contrainte.
Guillaume insiste aussi sur sa discrétion.
« Il se fond parfaitement dans ma tenue de travail, personne ne remarque que je le porte et ça me va très bien. En termes de mouvements, il ne me gêne pas lorsque je suis dans le chariot. »
Aujourd’hui, il le porte quotidiennement.
L’équipement accompagne ses journées de travail, notamment lors des tâches répétées de picking, de manipulation de colis et de palettisation.
Son conseil aux futurs utilisateurs est simple : commencer doucement, laisser le corps s’habituer, puis augmenter progressivement le temps de port.
Moins de fatigue lombaire en fin de journée
Avec l’usage régulier du dispositif, Guillaume constate une amélioration nette de son confort.
Il évoque moins de douleurs et moins de fatigue lombaire.
« Depuis que j’utilise l’exosquelette, je n’ai plus du tout mal au dos. C’est une véritable amélioration. »
Chez Pierre Martinet, le sens de la démarche reste très clair.
L’objectif n’est pas d’augmenter la cadence. Il n’est pas de rechercher un gain de productivité. Il est d’améliorer les conditions de travail.
Sébastien Malfant le rappelle :
« L’amélioration de la productivité n’est en aucun cas l’objectif principal de l’intégration des exosquelettes. Notre objectif principal est d’améliorer les conditions de travail. »
Cette position donne tout son sens au projet. L’exosquelette est intégré comme un outil de prévention, au service de la santé des collaborateurs.
Chez Pierre Martinet, l’exosquelette Japet vient enrichir cette démarche. Non pas pour faire plus vite, mais pour permettre aux préparateurs de commandes de travailler dans de meilleures conditions.
Questions fréquentes sur la prévention des TMS en préparation de commandes
Pourquoi les préparateurs de commandes sont-ils exposés aux TMS ?
Les préparateurs de commandes sont exposés aux TMS parce que leur poste combine manutentions répétées, flexions, rotations, station debout, port de charges et cadence soutenue. Même lorsque les colis sont relativement légers, la répétition des gestes peut solliciter fortement le dos, les bras et les épaules.
Comment prévenir les TMS en préparation de commandes ?
La prévention des TMS en préparation de commandes passe par une étude du poste, l’observation du travail réel, l’implication des opérateurs, l’organisation des flux, le choix d’équipements adaptés et le suivi de l’usage dans le temps.
Pourquoi impliquer les opérateurs dans le choix d’un exosquelette ?
Les opérateurs sont les mieux placés pour juger si un exosquelette s’intègre réellement à leur activité. Leur ressenti permet de vérifier que le dispositif est compatible avec les gestes du métier, la tenue de travail, les déplacements, le chariot et le rythme du poste. C'est aussi une approche nécessaire pour l'adoption du matériel par les équipes.



